Le destin des robots: punir, séduire, distraire, travailler. Mais jusqu’à quand?

Le robot est une très vieille idée qui a mis plusieurs millénaires à se réaliser. Car pour qu’une machine fasse mieux que faire toujours la même chose, toujours de la même façon, donc fasse preuve d’un minimum d’autonomie il a fallu qu’elle comporte au moins un microprocesseur. Ainsi les robots, les vrais, sont bien les enfants de la révolution numérique. Mais leur cahier des charges avait été largement anticipé par la fiction, quoique pas par la science-fiction (voir plus bas). Les robots ont envahi depuis longtemps les écrans de cinéma. La liste de films de robots est devenu elle-même presque un genre et on en trouve facilement sur Internet certaines qui en proposent plus de cent (par exemple sur Senscritique, une liste de 189 films). Cependant à présent la réalité court vite derrière et parfois devant la fiction: les robots de Boston Dynamics, ex-filiale de Google, les robots tueurs de l’armée américaine, les prodiges de l’intelligence artificielle d’AlphaGo (Google là aussi) ou le système chinois de crédit social ne rougissent pas devant le cinéma. Un futur inquiétant? Sans doute mais également un riche passé.

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Cinéma : Aubenas d’abord, Los Gatos plus tard

La crise mondiale du printemps 2020 fait craindre ou parfois espérer qu’il y ait un avant et un après, où beaucoup, sinon tout, serait changé. La table rase est toujours plus excitante que le prolongement des courbes. Mais pour l’audiovisuel cela n’en prend pas le chemin. Au contraire la crise accentue jusqu’à la caricature des tendances déjà à l’œuvre et plusieurs fois décrites sur ce site. Elle accable les maillons affaiblis du système, elle renforce encore ses composantes dynamiques. Elle rend encore plus urgentes des adaptations, pas seulement réglementaires, qui étaient déjà nécessaires depuis plusieurs années.

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Le risque absent des films-catastrophe

Le cinéma, c’est comme l’astronomie. Avec une bonne vue, une nuit claire, dans un endroit désert, on peut voir un bon millier d’étoiles. Comme le nombre de films qu’un bon amateur de cinéma pourrait citer si vous l’enfermiez quelque temps dans une cave. Mais les astronomes disposent d’instruments qui, braqués sur une partie du ciel, vont révéler un fourmillement d’étoiles dans un coin de ciel où, à l’œil nu, il ne semblait n’y en avoir aucune. C’est pareil pour le cinéma : si vous prenez un coin du « ciel », par exemple le western, là où un amateur ne verra que trois dizaines de films, un spécialiste en citera plusieurs centaines. Le zoom peut ainsi être approfondi non pas vers l’infini, contrairement aux étoiles, mais en pratique au-delà de l’entendement humain. Que le télescope s’appelle Patrick Brion, Jean Ollé-Laprune ou IMDB il n’y a pas de domaine qui ne puisse décourager la recension. Ainsi, s’agissant de la catastrophe au cinéma, il faut prévenir d’emblée le lecteur qu’il ne bénéficiera ici que d’une modeste lunette à faible grossissement. Il est bien possible que l’heureux possesseur d’un instrument plus puissant s’insurge contre l’absence ici de tel astre oublié, ou conteste le fait que telle ou telle partie de la voute étoilée paraisse vide alors que pour lui elle est peuplée. Mais de même que l’on a coutume de résumer le ciel par 88 constellations qui en permettent une description sommaire mais pratique, il ne s’agit ici que de parcourir à grandes enjambées une foisonnante filmographie pour en dégager les grandes lignes.

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La boussole grossière de la bourse

Il est souvent dangereux de faire confiance aux évolutions de la bourse pour en tirer des conclusions sur la bonne ou mauvaise santé des entreprises cotées. Des cas d’emballements excessifs dans un sens ou dans un autre sont dans la mémoire de tous. Cependant, faute de mieux dans cette période où les marchés, les vrais, sont en partie suspendus, la bourse présente l’avantage de rester active et donc de fournir quelques indices. Et celle de la franchise. C’est pourquoi l’expression de “boussole grossière” doit être prise dans les deux sens de l’adjectif. Les remarques qui suivent proviennent de la comparaison de la moyenne des cours de bourse de 24 sociétés américaines et européennes entre la dernière semaine de 2019 et la semaine suivant Pâques en 2020. Soit trois mois et demi, marqués à mi-parcours par les conséquences de l’épidémie du coronavirus.

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Feu la loi? (1/5)

Il est encore bien trop tôt dans notre secteur pour que des prévisions chiffrées soient à la fois possibles et utiles. A court terme la durée et les modalités de la période de déconfinement sont deux variables cruciales, mais nous en sommes encore au stade des hypothèses au mieux, des fake news au pire. L’efficacité des mesures macro-économiques pour permettre une reprise n’est pas plus prévisible pour les deux années suivantes. Toutes sont aléatoires à ce stade, avec une ampleur dans les hypothèses possibles qui rend vains les calculs.

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Chronologie des médias : attention danger !

A côté de la loi sur l’audiovisuel qui sera débattue en principe au printemps, à côté des décrets portant sur la publicité et la production indépendante, le gouvernement est engagé sur un troisième front, en apparence plus technique, mais au moins aussi important, celui de la chronologie des médias. En résumé : comment obliger Netflix à financer en France des films qu’il pourrait exploiter raisonnablement (c’est-à-dire vite après leur sortie) sans faire exploser un système dans lequel Canal+ reconsidère le bilan de ses avantages et de ses contraintes. Equation impossible?

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L’audiovisuel public européen, quel dommage !

Le 9 décembre 2019 risque de rester comme une date noire de l’histoire du secteur audiovisuel européen. Boris Johnson, à la fin de sa campagne électorale victorieuse, a en effet déclaré que la question du maintien du financement public de la BBC se posait désormais, reprenant en version plus hard une idée que sa secrétaire d’Etat à la culture, Nicky Morgan, avait déjà avancée en octobre : les autres entreprises de média se financent toutes seules, pourquoi ne pas imaginer un système d’abonnement à la Netflix pour la BBC? « The system of funding out of what is effectively a general tax bears reflection… how long can you justify a system whereby everybody who has a TV has to pay to fund a particular set of TV and radio channels, that is the question ”. Certes, compte tenu de l’image générale de Boris Johnson en Europe, un optimiste pourrait penser que cette idée est donc désormais grillée de ce côté-ci de la Manche, car l’appliquer serait faire du Boris Johnson. Hélas, autant les qualités de la BBC ont du mal à être imitées sur le continent, autant ce qui lui arrive de triste se duplique au contraire très facilement. Et l’idée de supprimer le financement public de la BBC fait écho à des évolutions qui incitent plutôt au pessimisme.

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