L’Empereur de Netflixie en visite sur ses terres fédérées

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Selon Les Echos, l’empereur audiovisuel Reed Hastings, en visite sur ses terres fédérées de Gaule le 6 février dernier, a eu l’élégance de convier
quelques hiérarques locaux à diner au restaurant  Rostang (menu à partir de 90 euros): le patron d’Orange, celui du Monde, le directeur des programmes de TF1 et quelques autres. Les convives se sont réjoui d’apprendre qu’avec 5 millions d’abonnés en Gaule, le service de l’Empereur dépassait désormais le service Gaule +, ce dernier ayant d’ailleurs perdu plus de 200000 abonnés en 2018. La part d’audience de l’Empereur sur le marché gaulois semble également être du double de celle de Gaule +. Mais l’audience n’est pas vraiment une priorité impériale. Une des convives ayant évoqué le projet gaulois Salto, il semblerait que la tablée ait beaucoup ri.

Il fut un temps pourtant où l’Empereur ne régnait pas encore et où l’Europe et même la Gaule avaient sur le marché des services de svod quelques solides légions. C’était il y a très longtemps, au moins dix ans. Petite anthologie des occasions manquées européennes :

  • En 2007, la BBC, le groupe privé ITV et Channel Four proposèrent le projet Kangaroo auquel fut un temps associé Orange. Ce service payant aurait proposé l’accès en ligne à l’ensemble des programmes de la télévision britannique. Mais il fut bloqué en 2009 par l’organisme de régulation de la concurrence (Competitive Commission).
  • En 2008, le fonds norvégien Arts Alliance décida d’abandonner la vod. Il avait pourtant été la cheville ouvrière du regroupement des vidéos clubs britanniques et, sur le modèle de Netflix et de Blockbuster on line, organisé le lancement de Lovefilm, plateforme de vod opérant en Allemagne, Grande-Bretagne et en Scandinavie. Arts Alliance était également actionnaire majoritaire de Vodeo en France et devait prendre 50% de FilmoTV. Le retrait d’Arts Alliance précipita LoveFilm dans les bras d’Amazon, qui la racheta pour 200 millions de livres sterling en janvier 2011. C’est grâce aux positions initiales de Lovefilm qu’Amazon est au même niveau que Netflix en Allemagne et au Royaume-Uni.
  • En mars 2013, l’Office des Cartels allemand empêcha la ZDF et l’ARD, associées à la plupart des producteurs audiovisuels allemands (Beta, Telepool, Bavaria notamment) de mettre en œuvre Germany’s Gold, leur projet de plateforme de svod payante. L’Office des Cartels, prisonnier comme son homologue britannique d’une conception ancienne du marché de la télévision, considéra que le projet aurait bénéficié d’une position dominante. Quelques années après, Netflix et Amazon, deux entreprises américaines, trustaient 95% du marché allemand de la svod.
  • Après un attentisme de quelques années la groupe Canal+ décida en 2011 de lancer une offre de svod, Canalplay Infinity (10€ par mois au lancement, 7 ensuite) présentée comme un Netflix à la française. Mais dès 2013 cette offre fut mise en retrait, changea de prix, puis de nom. En 2018 l’offre de Canalplay par abonnement s’arrêta.

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