(SVOD 2/7) L’histoire mouvementée de Netflix

Il y a d’abord la légende, proposée au départ par Reed Hastings, le président de Netflix, dans une interview de 2009 au magazine Fortune, et reprise depuis par les services de relations publiques de la firme. Hastings aurait décidé de fonder Netflix en rentrant de vacances et en découvrant qu’il devait payer une pénalité de 40 dollars auprès du loueur de cassettes chez qui il avait loué le film Apollo XIII mais qu’il n’avait pas rendu à temps. Furieux, il aurait imaginé qu’il y avait de la place pour un système moins punitif dans lequel le client pourrait garder les films aussi longtemps qu’il le voulait, avec comme seule sanction de ne pas pouvoir en louer d’autres tant que le matériel n’avait pas été restitué. Cette « fiction utile » comme la qualifia plus tard un des fondateurs était destinée à présenter une histoire avec un méchant, un « gros », en fait Blockbuster, à l’époque une énorme entreprise et leader mondial de la location de vidéo. Netflix devait apparaître comme l’underdog, le petit malin sous-estimé qui triomphe des empires établis, David contre Goliath. Et en effet, en Europe en tout cas, l’irruption de Netflix en 2012 au Royaume-Uni puis en 2014 en France et en Allemagne a été précédée d’une campagne de presse gratuite présentant l’entreprise comme le dernier joyau issu de la Silicon Valley, un exemple spectaculaire de l’ère des start-ups parties de rien et qui renversent tout. Mais Netflix est connue des journalistes américains comme attachant une extrême attention à sa politique de communication, verrouillant toute information, et guidant les journalistes en visite d’une manière qui évoque une Corée du Nord qui aurait des palmiers.

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