YouTube et le service public, ou le Renard et la Cigogne

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YouTube est désormais la première offre de programmes audiovisuels culturels et éducatifs. Quand Google sera démantelé, quand les méthodes de recommandation et de filtrage de la plateforme seront contrôlées publiquement, il faudra se demander quelle place faire à YouTube au sein du service public audiovisuel du XXIème siècle. La première?

L’emprise de YouTube sur la consommation audiovisuelle des “jeunes” est aujourd’hui largement commentée. Ces commentaires ont longtemps été consternés : comment ces chers jeunes pouvaient-ls passer autant de temps à regarder des vidéos de chats, des tutos de maquillage ou un Coréen en surpoids danser en mimant un cavalier ? Puis vinrent la consécration par les médias classiques de quelques Youtubeurs mais aussi les polémiques sur des contenus offensant toujours le bon goût, le plus souvent la loi et parfois la République. Mais au fond, pour les télévisions, tout cela avait finalement un côté rassurant. Les jeunes partaient, ce qui était bien embêtant, mais pour regarder des contenus qu’elles ne diffusaient pas, de toute façon : pas de films de cinéma, pas de grandes séries, pas de sports, pas d’information. YouTube était autre chose, un service complémentaire. Sauf bien sûr pour les chaînes thématiques musicales, à présent moribondes.

Pourtant, de manière moins commentée, YouTube est devenu un concurrent pour l’autre extrémité du spectre culturel de la télévision : non pas le trash, la déconne, l’extrême, mais au contraire la culture et l’éducation. Au point qu’il est difficile aujourd’hui d’aborder sérieusement la question des services publics audiovisuels sans poser celle de la place que YouTube peut et doit y occuper. En Grande-Bretagne, en avance comme souvent sur ce type de questions, c‘est presque une évidence. Par exemple dans la quatrième édition de The Cultural Industries de David Hesmondhalgh (ed Sage 2018) ou plusieurs contributions à l’ouvrage collectif A Future for Public Television (ed Goldsmiths 2018).  

1 : L’offre culturelle et éducative sur YouTube

Patrice Chéreau est mort le 7 octobre 2013. Metteur en scène et réalisateur admiré, il était également un artiste connu dans toute l’Europe et un ami d’Arte, dont j’étais à l’époque le directeur des programmes. Son décès avait été connu le lundi et les équipes d’Arte avaient passé la semaine à faire en sorte que toute la journée du dimanche suivant, le 13 octobre, soit un hommage à Patrice Chéreau, avec quatre émissions, une dès la fin de matinée, une pièce de théâtre, un documentaire et un film, L’homme blessé, en soirée. La presse rendit hommage à l’hommage, le public un peu moins, mais pour Arte c’était une question de savoir-vivre, de respect de ses missions. En préparant cette journée cependant j’étais allé voir ce que YouTube proposait sur Patrice Chéreau : plus de quarante entretiens, une vingtaine de conférences de ou sur l’artiste, une master-class, plusieurs pièces en intégrale (sans les droits) dont Phèdre, plus de vingt extraits d’opéras, quelques documentaires (dont le making of du Ring à Bayreuth avec Boulez), les bandes annonces de ses films. Au total plusieurs dizaines d’heures, couvrant, en plusieurs langues, la totalité de sa carrière pourtant éclectique. Pour nous cela n’enlevait rien à la nécessité de notre programmation du dimanche, mais… pour le public ? YouTube rend un hommage permanent à Patrice Chéreau.

La télévision scolaire a disparu des écrans français dans les années quatre-vingt. Mais elle ressuscite dans les années 2010 sur YouTube, et de quelle manière ! On trouve ainsi des cours de maths couvrant les programmes du CP aux classes prépa sur Les Bons Profs, 700.000 abonnés, ou Maths et Tiques 400.000 abonnés). C’est la même chose pour la physique, les SVT, les sciences économiques et sociales, et ainsi de suite. D’une autre façon, sur les sciences (Science Etonnante par exemple, et ses 618000 abonnés) ou l’histoire (Nota Bene 865000 abonnés) une génération spontanée d’amateurs de très haut niveau renouvelle gaiement le genre de la vulgarisation. Dans la plupart des grands pays apparaissent des auteurs de « chaînes » au sens de YouTube mêlant forme décontractée, références de pop culture permanentes et ambitions intellectuelles. C’est ainsi par exemple que sur la chaîne de LinksTheSun (1,5 million d’abonnés) on trouve, à côté de vidéos consacrées aux jeux vidéo ou aux films d’horreur, une introduction à la musique classique (2,6 millions de vues) ou une autre sur les différentes figures de style du français (1,8 millions de vues).

Il est très difficile de trouver un sujet relevant de la culture classique pour lequel il n’y aurait rien sur YouTube. Claude Simon, très rare à la télévision ? Plus de trente vidéos. Xénophon ? 50 au moins. Madame de Lafayette ? Plus de vingt. Et ainsi de suite pour Jean Baudrillard, la coalescence des trois noirs, Clément Janequin, le jansénisme etc. Naturellement les contenus relevant de la pop culture sont encore plus nombreux, du football aux voitures de collection, de la bande dessinée à la science-fiction, et évidemment toute la musique du monde. Un reproche courant est que tout cela soit proposé « en vrac », sans relief. La seconde boussole permettant de naviguer dans ce vrac est bien entendu l’algorithme de recommandation, mais elle n’intervient qu’après qu’on ait utilisé la première, qui reste la curiosité. On ne peut pas en faire le reproche à YouTube. Ces contenus, plus nombreux qu’ils ne l’ont jamais été sur toutes les chaînes publiques de la terre, ont surtout l’avantage d’être disponibles en permanence gratuitement, ce qu’aucune offre culturelle d’une quelconque nature n’avait jamais permis auparavant.

De nombreux intervenants de l’ouvrage collectif britannique A Future for Public Television déjà cité , soulignent l’injonction paradoxale à laquelle est soumise la télévision publique : servir les multiples parties d’une société éclatée tout en favorisant une culture du rassemblement. On pouvait craindre que YouTube ne satisfasse qu’à la première partie. Des millions de contenus, consommés à la longue traîne, proposant un miroir pour des identités de plus en plus atomiques. Pourtant ce n’est pas ce qui se passe et on assiste au contraire, par exemple autour des Youtubeurs-stars, ou autour des « memes » à des rassemblements de plusieurs dizaines de millions de personnes. On peut ne pas s’extasier devant l’intérêt culturel de ces points de rassemblement mais il est difficile de nier qu’il s‘agit bien d’une culture partagée, au moins par les plus jeunes.

2 : Les quatre plaies de YouTube

Affirmer que YouTube fait partie du service public de l’audiovisuel européen est aller vite en besogne, c’est vrai. L’entreprise est un service commercial, américain, financé par la publicité, appartenant à un groupe en position dominante condamné à une lourde amende par l’Union Européenne en mars 2019, et qui propose de nombreux contenus illégaux, soit parce qu’ils contreviennent aux textes encadrant la liberté d’expression (violence, pédophilie, racisme, etc) soit parce qu’ils ne respectent pas les droits de propriété intellectuelle (contenus pirates). On est alors en effet bien loin d’un service public à l’européenne. Mais il est utile de considérer ces quatre problèmes d’un peu plus près et de se demander s’ils sont durables ou au contraire solubles.

Les critiques de l’algorithme de recommandation

Zeynep Tufecki, universitaire d’origine turque (Université de Caroline du Nord) et spécialiste des réseaux sociaux a publié en mars 2018  dans le New York Times sous le titre YouTube the Great Radicalizer une illustration du biais des recommandations sur YouTube en faveur de programmes toujours plus extrêmes. Vous commencez par un sujet inoffensif comme la nourriture végétarienne et très vite, en autoplay, vous avez des vidéos vegans puis complotistes et vous finissez par des massacres d’animaux. Vous cherchez une vidéo sur le Parti Républicain et quelques minutes après vous avez des vidéos négationnistes, racistes, etc. Ce biais vers le toujours plus spectaculaire, le plus provocateur, multiplié par les 5 milliards de vidéos regardées dans le monde chaque jour pose un problème politique mondial, souligné par le Wall Street Journal lui aussi. Personne ne nie qu’un algorithme de recommandation soit nécessaire sur YouTube et que celui-ci doive nécessairement s’appuyer sur les goûts du public. Le problème est l’absence totale de contrôle de cet algorithme par une instance extérieure à Google.

L’enjeu principal des perspectives de « régulation » des GAFA est là : peut-on laisser au nom du marché, c’est-à-dire en principe au nom des bienfaits de la concurrence, un monopole de fait exercer une influence sur l’opinion mondiale sans contrepouvoir ? La puissance de lobbying de Google est considérable, mais on peut penser (en mars 2019)  que la machine de la « régulation » s’est mise en marche, cela prendra du temps, mais d’une manière ou d’une autre elle gagnera.

Une position de quasi-monopole

YouTube est désormais le service audiovisuel agrégeant la plus grande audience dans le monde. Il est en passe de l’être dans chacun des pays et il l’est déjà chez les moins de vingt ans. Google est très discrète sur la ventilation de son chiffre d’affaires par lignes de produits et l’économie de YouTube a toujours été un sujet de controverse. Sur les 39,6 milliards de recettes du groupe Alphabet, on ne sait pas exactement ce qui provient de YouTube, les estimations varient entre 18 et 12 milliards de dollars. Mais pour l’instant peu importe car il est clair qu’en tant que support publicitaire YouTube fait partie de Google lequel exerce sur certains segments du marché une position non seulement dominante mais même de quasi-monopole. D’où les menaces de plus en plus précises de démantèlement du groupe par exemple évoquées par la sénatrice démocrate américaine Elizabeth Warren ou par Marghrete Vestager, la commissaire européenne à la concurrence.

Là encore on peut penser que la machine est en route et que d’une manière ou d’une autre, Alphabet ne pourra pas conserver sous le même toit à la fois le moteur de recherche, Android et YouTube. En tout cas pas sous la même régie publicitaire, mise en place par Sheryl Sandberg, l’actuelle numéro 2, controversée, de Facebook .

La question des contenus « offensants »

 Il s’agit de la critique la plus ancienne adressée à Youtube, portant sur la présence de vidéos pornographiques, pédophiles, négationnistes, ultra-violentes, terroristes, etc. Sous la pression, au dernier trimestre 2017, la plateforme avait ainsi supprimé 8 millions de vidéos appartenant à ce type de catégories. Au dernier trimestre 2018, 2,4 millions de chaînes ont été fermées comportant près de 9 millions de vidéos. YouTube affirme employer plus de 10000 personnes dans le monde pour repérer et supprimer ce type de contenus. La plupart des Etats, comme la France depuis 2004, ont mis en place des textes qui contraignent les hébergeurs de contenus comme YouTube à une simple « obligation de moyens », c’est-à-dire qu’ils n’encourent de sanctions que s’il est démontré qu’ils n’ont pas mis en œuvre les moyens nécessaires à une suppression raisonnablement rapide des contenus signalés. Mais en pratique ce sont surtout les annonceurs publicitaires qui font la police, comme en février 2019 quand Disney ou Nestlé ont été informés du voisinage de leurs publicités avec des contenus pédophiles et ont annoncé la suspension de leurs campagnes de publicité sur la plateforme. Il ne s’agissait pas en l’occurrence de contenus vidéo directement à caractère pédophile, mais de commentaires pédophiles associés à des vidéos « normales » comportant des enfants. You Tube a réagi en supprimant la possibilité de laisser des commentaires sous des vidéos avec des enfants.

Ce type de problème est inhérent au principe même d’une plateforme de partage de vidéos. Selon YouTube plus de 300 heures de vidéos nouvelles sont ajoutées sur les serveurs chaque minute. Par ailleurs la définition d’un contenu illégal ou simplement inapproprié varie selon les pays et les époques. En conséquence l’idée d’un filtrage a priori est totalement inapplicable. Même s’il existe des outils logiciels permettant d’exercer un premier filtrage, et Google est en pointe dans le recherche-développement sur ce sujet, il n’y a pas d’autre solution que de détecter un problème quand au moins un utilisateur l’a signalé. Ce qui laisse au contenu en question l’espérance d’une première vie au sein des communautés qu’il ne choque pas. C’est évidemment un problème qui ne se posait pas dans l’univers clos des télévisions linéaires.

La question des droits de propriété intellectuelle

Apparue presque en même temps que la précédente, cette question a d’abord été très mal gérée par Google. Au point qu’en 2014 l’organisation américaine du cinéma, la MPAA, et les six principaux studios, Sony, Fox, Disney, Warner, Universal et Paramount firent travailler en secret des avocats pour examiner toutes les voies par lesquelles ils pouvaient combattre « Goliath », c’est-à-dire Google. Le sujet principal n’était cependant pas YouTube mais la présence permanente de liens de sites pirates sur le moteur de recherche. Globalement l’attitude de Google fut très « maitres du monde » laissant entendre que le monde moderne était comme ça et qu’il fallait bien que les vieilles gloires d’Hollywood s’y adaptent. Quelques années plus tard, quand Google eut la volonté de concurrencer Netflix avec un service par abonnement, YouTube Red (red comme Netflix) devenu YouTube premium, il fallut remonter le fleuve Congo à la rame, et débaucher à prix d’or Robert Kyncl chez Netflix. Sans grand succès pour l’instant. A partir de 2016 donc Google fit volte-face et publia le copieux document How Google Fights Piracy, et mit en place le système ContentID,  capable de détecter semi-automatiquement les programmes contrefaits. Ce système, bien que contesté par de nombreux Youtubeurs, a malgré tout calmé le jeu efficacement. Google affirme reverser chaque année plus de 2 milliards de dollars à des ayant-droits et a signé des contrats avec la plupart des sociétés d’auteurs.

Si ce sujet semble à peu près clos d’un point de vue contentieux, globalement, il reste qu’un très grand nombre de vidéos présentes sur la plateforme sans avoir fait l’objet de plaintes sont cependant sous un statut juridique précaire.

3 : Le Renard et la Cigogne

Le problème n’est pas mince pour l’avenir des services publics européens confrontés à des projets de réforme. Tenir YouTube loin du champ des débats est tentant. Et comme on l’a vu il y a des arguments pour cela. YouTube est un repoussoir n’ayant rien de sérieux à voir avec les débats de haute volée qui entourent l’avenir des services publics. Mais il faudrait peut-être relire Le Renard et la Cigogne. La Fontaine y met en scène un renard invitant négligemment une cigogne à un mauvais repas, servi sur une assiette que le volatile ne peut pas utiliser. Mais l’oiseau se vengera plus tard en invitant le renard à un très bon repas, mais servi cette fois dans un vase à long col adapté à son seul bec. Ainsi les services publics peuvent faire semblant d’ignorer que les jeunes ne les quittent pas seulement pour voir des bêtises mais aussi pour les programmes culturels ou éducatifs.  Ils peuvent continuer à affirmer dans des colloques de l’UER qu’une de leur mission est d‘éduquer, alors que la plupart ne diffusent plus d’émissions scolaires, pourtant innombrables, dans toutes les langues, sur YouTube. Ils peuvent continuer à diffuser un concert du nouvel an de musique classique avec valses de Strauss quand YouTube propose tous les jours plus de deux cents concerts de Gyorgi Ligeti. A la sortie de la seconde guerre mondiale également les services publics de la radio européens auraient pu décider que la télévision, service commercial américain lui aussi, ne faisait pas partie de leur domaine. Mais la revanche de la cigogne sera le moment où l’opinion demandera pourquoi il faut payer une redevance quand les programmes ambitieux sont gratuits sur YouTube. En Suisse on n’en est pas passé loin en 2018.

D’un autre côté accepter YouTube tel quel dans le cercle respecté des services publics ressemblerait à l’irruption d’une femme de mauvaise vie épousant le fils ainé d’une bonne famille bourgeoise au début du XXème siècle. Que faire alors? Développer sur fonds publics une plateforme concurrente à YouTube en Europe ? Les Etats européens mettraient vingt ans à dire non, puis dix autres années à transformer leur oui en réalisation concrète. Mettre en avant, cocorico, ce qui reste de Dailymotion racheté par Vivendi? Financer par la redevance une partie des programmes destinés à YouTube. C’est ce que font les Allemands avec Funk.net pour les émissions destinées aux moins de 34 ans. Mais dans la plupart des autres pays il s’agit plutôt au contraire de boycotter YouTube, considéré, avec quelques bons arguments, comme concurrente de l’offre de replay des chaînes publiques.

En fait tout dépend de l’échelle de temps considérée. A court terme, disons pour les deux ou trois prochaines années, YouTube est à la fois un concurrent des offres publiques et un repoussoir politique. Mais si la réflexion porte sur un plus long terme, si on doit prendre au sérieux l’idée de « refonder le service public audiovisuel dans un environnement numérique », alors il faut au contraire incorporer YouTube dans la réflexion, et probablement même la placer au centre.

Un jour où l’autre YouTube sera détachée d’Alphabet. Il y a déjà des analystes financiers qui essaient de calculer ce que a plateforme vaudrait, séparée de Google, certains la valorisent autour de 100 milliards de dollars. Soit par un démantèlement du groupe, soit par des contraintes réglementaires étroites sur le marché publicitaire et sur celui des données. Il est pratiquement certain également que les algorithmes de recommandation comme les méthodes de contrôle des contenus seront un jour «régulés» c’est-à-dire échapperont au seul contrôle de la société. YouTube sera présentable.

Les Etats européens ont tout intérêt à peser sur ce mouvement pour l’accélérer et à trouver une place dans cette régulation. Ensuite à réfléchir au fait qu’une partie des missions du service public de l’audiovisuel sera remplie non pas par YouTube mais sur Youtube. Ceci devrait modifier en retour les missions des anciennes entreprises publiques en les conduisant à produire aussi pour les plateformes de vidéo, mais peut-être surtout à labeliser, à aider les initiatives qui se sont déjà manifestées spontanément.

Le linéaire reste indispensable, les chaînes de télévisons éditées par des femmes et des hommes et non par des algorithmes continueront à être préférées par une grande partie du public. Enfin les plateformes comme YouTube ne créent pas de programmes, ne les financent pas et ne permettent pas à leurs auteurs d’en vivre, sauf pour une poignée d’influenceurs stars. Un système audiovisuel où il n’y aurait que YouTube s’appauvrirait donc très vite. Mais le même système audiovisuel est bien plus riche et plus efficace avec YouTube que sans. C’est pourquoi, sans chercher à créer un concurrent public à YouTube, il faut la laisser vivre, à la double condition ferme que sa régie publicitaire soit indépendante de Google et que ses méthodes de recommandation et de filtrage soient contrôlées publiquement. La redevance audiovisuelle apparaîtra plus légitime si elle contribue à financer des programmes sur YouTube et pas seulement ceux des organismes de téléradiodiffusion établis.

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