L’AVOD ou le RSA audiovisuel

Les données triomphantes avancées par des cabinets d’études anglo-saxons se multiplient, l’AVOD, soit la vidéo à la demande financée par la publicité, est le prochain eldorado. De fait en France les candidats se multiplient aussi : Rakuten.TV, Pluto, Mango, bientôt Rlaxx.tv. Mais les illusions et les incompréhensions de ce qu’enseigne le marché américain risquent de faire des déçus.

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Amazon Prime: trois raisons de s’inquiéter

Ce printemps, Amazon a racheté MGM et obtenu en France les droits de la Ligue 1 de Football. Une bonne nouvelle pour les anciens propriétaires du studio et pour le football français, en tout cas selon Vincent Labrune le président de la Ligue. Mais la bonne nouvelle pour certains n’en cache-t-elle pas d’autres bien plus mauvaises  pour tous les autres?

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L’audiovisuel n’innove plus… avant la fusion

Notre secteur a toujours donné de lui-même une image d’innovation continue, révolution des usages, révolution numérique, nouvelles technologies, stratégies disruptives, etc, etc. Peu de projets de loi le concernant, peu de rapports annuels se dispensent de cette litanie épique dans leur introduction. Ce mythe de l’innovation permanente est en effet bien pratique. Il permet d’excuser bien des échecs, comme de justifier certaines décisions brutales. Mais sur quelles bases repose-t-il ? Et que cache-t-il ?

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L’avis de la l’Autorité de la concurrence du 21 février 2019 (version mai 2021)

Le 15 juin 2018 la Commission des Affaires culturelles et de l’Éducation de l’Assemblée nationale avait demandé à l’Autorité de la Concurrence un avis pour éclairer le Parlement avant l’examen du futur projet de loi réformant la loi audiovisuelle de 1986. L’avis de l’Autorité a été rendu le 21 février 2019 et portait sur l’ensemble de l’économie de audiovisuel, et nous en avions souligné la qualité sur ce site. Il n’a cependant pas servi à grand chose, hélas, pour un projet de loi victime de toute façon de la pandémie, mais sa lecture reste hautement recommandée aujourd’hui, sachant que l’Autorité devant maintenant se prononcer avant l’été 2022 sur le projet de fusion TF1-M6, la doctrine exprimée dans ce document est particulièrement, importante. Si elle n’est pas désavouée.

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Eloge du linéaire

Les bonnes vieilles télévisions linéaires sont les oubliées des changements réglementaires en cours. La « grande » loi sur l’audiovisuel n’a pas survécu à la crise sanitaire et le texte en cours d’élaboration sur la chronologie des médias ne va pas les aider, loin de là. Une ambiance intellectuelle, et politique, s’est peu à peu installée dans laquelle les télés sont un peu des reliques du passé, condamnées au déclin, en bref pas intéressantes. L’époque est au streaming, aux interventions sur Twitch ou sur Brut, aux réseaux sociaux. Mais c’est aller bien vite en besogne.

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Une nouvelle aube audiovisuelle ?

La mise en place de la directive SMA en France est-elle une révolution audiovisuelle comme l’avait présentée la ministre de la culture dans un entretien aux Echos? Tout bien pesé, en fait, oui et non. Oui parce qu’elle va entrainer une profonde mutation des modes de régulation du secteur, tant pour le CSA que pour le CNC ou l’Autorité de la Concurrence. Oui parce qu’elle peut augmenter fortement les commandes de séries aux producteurs français, avec un certain nombre d’effets de bord. Oui enfin parce qu’elle consacre dans la loi le basculement du centre de gravité du secteur au profit des plateformes. Mais non pour le cinéma, car elle ne lui apportera pas grand chose tout en ne réglant aucun de ses problèmes. Et non surtout parce que la directive ne fait qu’accompagner des tendances à l’oeuvre depuis longtemps sans les infléchir. Enfin, au-dessus des oui et des non, plane également un si: si les plateformes respectent vraiment ces contraintes.

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L’économie du système audiovisuel français en 2020 et 2021

Les annonces catastrophiques n’ont pas manqué. Baisse de 20% de l’activité du domaine en 2020 (Ministère de la Culture juillet 2020). Baisse de 22% en moyenne en Europe selon le cabinet EY (janvier 2021). Des aides de l’Etat exceptionnelles de l’ordre de 2 milliards d’euros auraient été en revanche consacrées à l’audiovisuel.

Mais tout cela est très exagéré. La baisse a été bien plus faible et les aides aussi. La réalité de la crise justifie-t-elle cette multiplication de chiffres gonflés ?

Comme la plupart des organismes spécialisés ont publié leurs chiffres pour 2020, il est possible de faire le point sur les dégâts, et d’essayer de voir à quoi pourrait ressembler l’année qui vient. Le ministre des finances a annoncé le 29 janvier que le PIB français avait reculé de 8,3% en 2020. Pour l’audiovisuel les ressources du système ont connu une diminution d’environ 9,4%. C’est beaucoup, c’est sans doute plus que la moyenne de l’économie, et cela n’était jamais arrivé depuis que le mot audiovisuel a un sens. Mais c’est deux fois moins de ce qui est claironné dans les communiqués.

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Le travail de la directive SMA

Le mot travail, selon une étymologie parfois contestée, viendrait du latin tripalium qui désignait un ingénieux instrument de torture consistant à ne pas empaler un condamné avec un seul pal mais avec trois, disposés en faisceau. La directive Services Médias Audiovisuels adoptée en 2018 dont la transposition est actuellement et douloureusement en cours en Europe et notamment en France entend aussi contraindre les services de svod américains selon trois axes : les obliger à investir une partie de leur chiffre d’affaires dans la production locale, les obliger à offrir au moins 30% de programmes européens et enfin les soumettre aux règles fiscales et réglementaires non plus du seul pays où elles s’installent mais aussi de ceux qu’elles visent. Un article récent de Variety expose cette torture à laquelle sont promises les plateformes américaines. Mais ne peut-on pas aussi renverser la perspective en remarquant que Netflix, Amazon et Disney, les trois services qui mènent une vraie offensive européenne présentent trois modèles tellement différents qu’il sera bien difficile de les faire entrer dans un seul texte ? Jusqu’à le faire éclater ?

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Requiem pour l’appareil photo numérique, et retour aux sources de la photographie

Aussi vite qu’il était apparu (voir sur ce site notre article un rare cas de vraie révolution) le marché de l’appareil photo numérique semble à présent condamné à disparaître. Après un sommet en 2010 avec environ 120 millions d’appareils vendus dans le monde, le marché a été très rapidement divisé par deux, en à peine trois ans, puis à nouveau par trois pour se contenter de 20 millions d‘exemplaires en 2019. Il est extrêmement rare qu’un objet aussi répandu voie son marché divisé par six en moins de dix ans.

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